L'Histoire en héritage...



Les trois tours qui les surmontent semblent veiller sur la paix retrouvée dans l'ancien pays de Porhoët. Elles recèlent jalousement la mémoire de dix siècles d'une histoire tumultueuse emplie du fracas de la guerre et
pleine de passion.
Édifié au XIe siècle par Guéthenoc, seigneur de Porhoët, ce château est détruit une première fois par le redoutable roi d'Angleterre, Henri II Plantagenet. Il sera ensuite reconstruit et fortifié, à partir de 1370, par son nouveau propriétaire, Olivier de Clisson, qui en fait une des forteresses les plus puissantes de France, avec ses neuf tours et son donjon.
Vers 1500, Jean II de Rohan, arrière petit-fils d’Olivier de Clisson, en conservant la partie féodale, ajoute une façade intérieure tout à fait caractéristique des débuts de la Renaissance.
Depuis, le château a connu quelques autres vicissitudes. En 1629, il voit ainsi disparaître plusieurs tours et son célèbre donjon sous les assauts des militaires envoyés à Josselin sur l’ordre du Cardinal de Richelieu. Délaissée dès le XVe siècle par les Rohan, devenue prison, puis entrepôt pendant la Révolution et le Premier Empire, la belle forteresse tombe en ruines. Il faut alors l'enthousiasme de la Duchesse de Berry au retour de son voyage dans l'Ouest, en 1828, pour convaincre le Duc de Rohan d'entreprendre sa restauration.
Durant la deuxième moitié du XIXe siècle, d'importants aménagements extérieurs et intérieurs remodèlent harmonieusement l'ensemble tel qu'on peut le découvrir de nos jours.
Aujourd'hui, le château de Josselin est devenu une demeure familiale que ses propriétaires, Josselin et Antoinette de Rohan, ont embellie avec passion. Ils ont entrepris depuis plusieurs années le remaniement du parc dessiné par le célèbre Achille Duchêne. Des jardins, on découvre la somptueuse façade à laquelle des proportions très harmonieuses et un grand raffinement des différents motifs en granit sculpté confèrent une place exceptionnelle dans l’architecture de la Renaissance.